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Nous nous sommes posés la question du style musical de notre groupe. Dans quelle catégorie nous trouvons-nous ? Pop Rock poétique ? Popoésie ? Poésie pop ? Ces différentes appellations ne nous convenaient pas. Tant par notre musique, pop post-rock noisy new age que par les textes, engagés, philosophes et sociologiques, il nous fallait inventer un nouveau genre, un nouveau style et nous avons pensé le concept de pop hérésie.

 

 

Cette notion de popérésie s’inscrit au cœur du paradoxe entre le désir de plaire et l’envie de disparaître.

Engluée dans les tourbières d’un ennui sociétal, cette incompréhension a été étudiée jusqu’à un extrême tendu.

 

Cet extrême tendu nous l’identifions dans la volonté d’enfreindre le tumulte lancé à toute volée évolutive vers une disparation toute involontaire des relations humaines.

 

Ces relations humaines, nous les voulons, de nouveau, basées sur les valeurs originelles de respect et de congruence entre la nature de notre environnement naturel et celui de notre condition humaine et de leurs francs émois.

 

Cette congruence sera prescrite plus que pour nous plaire, mais bien plutôt pour nous défaire des supplications de l’apparence, apparentée aux appâts rances du système de société dans lequel nous nous devons de composer.

 

En tant qu’artiste, s’ériger en orateur c’est comme se statufier dans le Borinage, ce désert où personne ne t’entend, personne ne te respecte, là où tu es absent, englobé dans la foire sans vie des passants, allant d’un point à l’autre, emmitouflés dans leur train-train boulot-métro-dodo du rythme existentiel dans lequel le fait d’avoir son boulot, ses enfants, sa femme pin-up de sa société, constituent l’agrégé du b.a.ba indispensable pour se refléter en vie, en soi-disant dignitaire de conscience et d’existence…

 

Mais est-ce que ce reflet représente un idéal ? Est-ce que ce dogme n’est pas aujourd’hui, plus qu’hier, et néanmoins également plus que demain, révélateur de la nécessité d’une nouvelle hérésie à tendre au plus haut tel un mat solitaire battu au vent des espérances illuminées d’imaginaires ?

 

''Le hasard fait bien les choses'' Florence Hoffmann

 

La réponse n’est pas des plus simples, tant elle se heurte contre d’innombrables tentatives de déformations, d’entendements sous-jacents et manipulés jusqu’à la corde permettant, à un moment ou l’autre, de pendre l’annonceur, ou de pousser dans le vide l’équilibriste tentant de répondre à cette question.

 

La poésie, reflétée à travers l’acte surréaliste cher à André Breton, oblige à monter au créneau l’émancipation créative et invite à se découdre de son apparent costume d’illusion. Elle enseigne la façon de se sentir immergé, totalement nu, dans le monde de l’imagination. Aucun acte plus révélateur ne pourrait imprégner notre désir de plaire que celui du surréalisme…

 

En s’appuyant ainsi sur l’architecture de nos mots et de notre musique, nous nous permettons alors de crier haut et fort le pourquoi de notre envie de disparaître, et d’une certaine façon nous disparaissons, effectivement, nous aussi entièrement, par le truchement des vapeurs de la création que nous déifions… défions, aussi sans doute, l’essence des sens existentiels imposés par le canevas normatif de la société …

Ainsi s’équilibre notre paradoxe premier, et se construit notre identité de popérésie.

 

Nous ne sommes point des donneurs de leçons, nous sommes tel l’esclave quand « il oppose à l’ordre qui l’opprime une sorte de droit à ne pas être opprimé au-delà de ce qu’il peut admettre » décrit dans «  l’homme révolté » d’Albert Camus,

 

Notre ambition originelle est de retourner dans l’haíresis, ce jardin où Epicure et ses amis vivaient d’art, de musique et de poésie, tout en respectant leur soi et les autres soi, en honorant les valeurs originels induites par l’environnement naturel de chaque, et unique à l’unisson, milieu de vie.

C’est là-bas que nous tenterons de vous emmener.

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