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FranZemois c’est d’abord l’histoire d’une amitié. Une amitié née, début des années 2000, dans les couloirs d’un centre travaillant et militant pour la désinstitutionnalisation de la psychiatrie. Un centre qui se trouvait au cœur d’un quartier de Liège, le quartier Saint-Léonard, et s’occupait, grâce à un large panel de services, à favoriser l’autonomie de la personne « dite malade mentale » afin de lui permettre de continuer à vivre dans son milieu de vie… Bref, le SIAJeF voyait d’un mauvais œil l’incarcération de la maladie mentale…

Très vite, nous nous sommes reconnus des similitudes dans les errements de nos sensibilités artistiques. Franz, alias François Schiltz, musicien autodidacte à l’oreille génialement créative et moi, alias Pierre-Yves Vanderveck, aspirant écrivain, avons marié mes textes et sa guitare pour générer des ovnis musicaux, souvent en pure improvisation, flirtant parfois avec l'évanescente transe jubilatoire.

Chemin faisant, nos sensibilités, s’accouplant avec grande timidité, n’ont que partiellement abouti, par instant, moment désagrégé, à la présentation de nos œuvres sans cesse réinventées. Alors le temps passa, et étant passé, avec divers projets de part et autres entamés, nous nous sommes retrouvés en janvier 2018 avec la ferme intention, cette fois, de proposer une œuvre définitivement inventée, et terminée.

 

FAIM DE BIO-GRAPHIE

crédit photo: SHYIRAMBERE PHILIPPE

 

Pierre-Yves Vanderveck

                                          ... parce que je n'ai pas voulu reculer.

 

Écrivain par à-coups, j'arrive à l'écriture très jeune. Besoin de m'évader d'un

environnement étouffant, je m’attelle à la tenue d'une sorte de journalier de

mes errances, pensées et observations. Cependant, mon écrin familial

se moque de cette propension à utiliser le mot. Ça ne se fait pas chez nous.

Il n'y a pas de livre, seules quelques encyclopédies, mastodontes poussiéreux,

ornent les étagères d'une bibliothèque présente en ce lieu parce qu'il faut bien,

parce que c'est normal, parce que dans toutes les maisons y en a une.

 

J'abandonne, et me laisse choir dans une sorte de délectation morbide

à être fasciné par la télévision. Arrive le jour où je tombe "gravement" malade.

Je dois tenir le lit. Alors je prends en main un livre de poche. Un livre que ma mère

a dû lire quand elle était au Lycée. Un livre qui m'inspire. Un Camus, et c'est "La Peste".

Je la bouffe "La Peste" et enchaîne directement avec "La Nausée" de Sartre,

autre livre perdu et retrouvé. Je découvre le plaisir de la lecture.

Et ne m'arrêterai plus.

 

Boulimique de lectures classiques, j’étais devenu et dès l'adolescence, je reprenais

les armes de l'écriture.

 

Grâce à l'école, et aux nombreuses heures à rêvasser le cul usé

par l'ennui d'entendre des professeurs parler, le temps à tuer se retrouve

dans l'exploration de mes lamentations fermentées dans le plus pur style poétique.

J'y récite les gammes de tout son vocabulaire inusité dans mon milieu.

Je me complais de tournures de phrases cinglantes, tout en cherchant l'élégance absolue

d'un langage, qui devait pourfendre mon âme et la régurgiter dans une réalité

que je voulais partager.

 

Chemin faisant, je rencontre d'autres poètes et commence m'intéresser aux Surréalistes.

Pendant quelques années, nous avons constitué, entre autres avec François Schiltz,

un groupe, l'ACOPOÉ, pour Atelier de COllectivité POÉtique, qui s'inspirait

du cadavre exquis et d'autres exercices de l'Oulipo, tout en s'immisçant dans 1 thème,

tiré au sort à chaque soirée.

 

Ce furent de belles années, riches en création, en échange et culture générale.

J'ai abandonné l'organisation de ce groupe et ce groupe disparaîtra lorsque j’ai ressenti

le besoinde prendre l'air. Quitter la petite Belgique, mais lentement, trouver un rythme,

sortir du confort sécurisant, m'orienter vers le vagabondage pédestre reste la décision ultime

de mon accointance avec ce qui me permettra de rester en vie.

 

Durant six années j’ai été sur le chemin, entre la France, l'Espagne, l'Italie, le Canada,

revenir en Italie, fonder famille, puis rentrer en Belgique pour pouvoir l'assumer, cette famille.

La nécessité de ces expériences s'accompagne de périodes, où la fulgurance littéraire

du sens de l'existence, atteint son apogée dans la foulée de l'errance de l'Être.

La solitude y prend sa sollicitude, sa nervure, consistance et mansuétude.

 

De retour chez moi, je ne suis plus moi, je n'écris plus. La scène SLAM alors, vint.

 

Après d'âpres combats, contre une timidité résistant à l'apprivoisement d'une sécurité impropre

à mon égard, aujourd'hui je prends mon pied, à dire, écrire, prescrire le pouvoir

hors de l'abîme, mes mots, mes émotions, mon imagination.

 

Alors, voilà, je me rêve à penser que, oui, un jour est proche, où je pourrai, enfin, attaquer,

plus en profondeur, les torpeurs salvatrices d'une vie dédiée à l'écriture, romanesque,

prêtresse de mes enchantements les plus secrets… Les enfants sont assez grands, maintenant !

 

 

 

François Schiltz  

                                 guitares_synthé_rythmique PostPop-PsychéRock

 

 

DANS L'ANTRE DU MUSICIEN

 

 

 

 

 

 

 

 FAIM DE BIO-GRAPHIE

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